Bulletin de santé des entreprises en France et en Île-de-France

Les chiffres de l'Observatoire consulaire des entreprises en difficulté (OCED) établis au 1er octobre 2020 en France et en Île-de-France

 

« Un nombre de défaillances historiquement bas mais des difficultés bien réelles... ! »

Le nombre des ouvertures de procédures dévisse tant au plan national (- 25 %, en glissement annuel au 1er octobre 2020) qu’en Île-de-France (- 29 % en glissement annuel au 1er octobre 2020). 
Cette baisse artificielle s’explique probablement tant par le confinement au printemps dernier que par les dispositifs d’aides aux entreprises et pourrait s’inverser dès l’arrêt des mesures de soutien. 

Plus précisément :

  • Au plan national, les ouvertures de procédures se situent à 38 % en dessous de leur niveau de 1993 et 37 % sous celui de 2009. Elles sont en dessous de leur niveau le plus faible de 2001. 
  • En Île-de-France, traduisant la spécificité de la région, ces ouvertures s'établissent à près de 50 % en dessous du pic historique de 1993 ; elles sont aussi largement inférieures au palier atteint en 2009 (de 34 points).  

 

Évolution des défaillances en France et en Île-de-France depuis janvier 1998

(Sur 12 mois glissants, Base 100 : décembre 1993)

D’un point de vue général, du fait du confinement et des aides gouvernementales, on constate en Île-de-France une baisse très importante des ouvertures des procédures judiciaires.
Ces évolutions s’inscrivent dans un contexte de crise sanitaire mondiale de longue durée, accompagnée de fortes incertitudes et imprévisibilités sur l’ensemble du territoire français et  plus particulièrement dans les zones de circulation active du virus.
Facteurs défavorables :
 aggravation du déficit public ; repli historique du PIB ; activité économique en berne ; écroulement des exportations ; production manufacturière au ralenti ; opinion des chefs d’entreprise sur les perspectives d’activité au plus bas ; nette dégradation des perspectives du marché du travail ; forte hausse de la crainte des ménages sur la situation économique future ; fort ralentissement des embauches ; baisse de l’emploi salarié dans le secteur privé et chute dans la fonction publique…
Mais, quelques éléments positifs : hausse des créations d’entreprises ; rebond tempéré du climat des affaires en France ; augmentation de la consommation et de la confiance des ménages ; recul des prix des produits de grand consommation ; diminution des demandes d’intervention de l’AGS en lien avec la baisse du nombre de défaillances ; maintien du taux de cotisation de l’AGS à 0,15%...

Évolution du nombre des ouvertures de procédures collectives en Île-de-France depuis janvier 2011

(Sur 12 mois glissants, Base 100 : décembre 1993)

Focus sur l’impact social - Hausse du nombre d’emplois concernés pour les entreprises qui font l’objet d’une procédure de traitement des difficultés amiable (mandat ad hoc, conciliation) ou judiciaire (sauvegarde, redressement judiciaire) mais baisse du nombre d’emplois supprimés en liquidation.

-  Le nombre de salariés ayant perdu immédiatement leur emploi du fait de la liquidation judiciaire est en légère baisse en lien avec la baisse du nombre de procédures (- 3,5 %) ;
- Les effectifs salariés susceptibles d'être préservés dans les entreprises en sauvegarde ou en redressement judiciaire sont en forte hausse (+ 53 %). Ils sont 2,2 fois plus nombreux que fin 2008 (date d'entrée dans la crise) ;
- Pour les entreprises en procédure amiable (mandat ad hoc et conciliation), le nombre des emplois concernés bondit (+ 147 %). Avant même l'envolée du nombre de procédures, ce nombre est près de 3,3 fois supérieur à celui enregistré fin 2008.

 

Bulletin de santé mensuel des entreprises en France et en Île-de-France au 1er octobre 2020 (pdf - 680 Ko)

Mis à jour le 16/09/2020

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